Réponse au collectif des coquelicots du valentinois

nous voulons des coquelicots

La demande

Mesdames et Messieurs, candidats aux élections municipales 2020

Depuis plus d’un an, nous, citoyens et citoyennes de l’agglomération Valence Romans sommes mobilisés au sein du mouvement « nous voulons des coquelicots » pour demander l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. Nous souhaitons aussi vous faire part de notre inquiétude : il s’agit des SDHI* fongicides épandus sur près de 80% des surfaces de blé, orge, sur les arbres fruitiers, les tomates, les pommes de terres. Ils sont également utilisés sur les golfs et sur les terrains de sports. Or ces fongicides sont une menace pour la santé de tous les êtres vivants car ils ciblent la SDH , une molécule essentielle pour la fonction respiratoire des cellules. Alertée par des scientifiques, l’ANSES l’agence sanitaire, a minimisé cette alerte alors que sa fonction première est de protéger les populations. Ces pesticides se dégradent au contact de l’eau, de l’air, du sol, et forment de nouveaux produits chimiques souvent aussi toxiques. Derrière tous ces pesticides il y a au moins 5 métabolites dont on ne sait strictement rien.

Nous vous demandons au nom du principe de précaution d’interdire ces poisons qui détruisent le vivant et sont une tragédie :

Pour la santé : perturbateurs endocriniens, cancérogènes probables, responsables de maladies neurologiques maladie de Parkinson, malformations à la naissance …

Pour la biodiversité : tueurs d’abeilles et d’insectes, en 30 ans les oiseaux des champs ont vu leur effectifs diminuer de 40%en moyenne et des études indiquent que dans certains secteurs on aurait perdu 80% des invertébrés. …

Nous ne pouvons continuer à exposer la population de nos communes plus longtemps.

Nous ne voulons pas la mort des agriculteurs, nous voulons le retour des paysans qui pratiquent une agriculture saine. Aidons les agriculteurs à faire leur transition et redonnons-leurs une place prépondérante dans la société !

Comptant sur votre écoute et votre engagement au service du bien commun nous vous demandons comme les 120 communes de France* de prendre un arrêté d’interdiction des pesticides de synthèse.

Notre réponse

Vous souhaitez connaître notre point de vue sur l’arrêt des pesticides de synthèse.

La mise en marché, la vente et l’utilisation de ces produits à destination de l’agriculture conventionnelle est réglementée, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail en est le garant.

Ces molécules sont utilisées par les agriculteurs professionnels, dont plus d’une centaine intervient sur notre territoire, avec une quarantaine d’exploitations qui ont leur siège d’exploitation sur la commune.

Pour mémoire, fin 2018, ce sont 14 exploitations de la commune qui sont en Bio, pour un total de 770 ha, majoritairement en grandes cultures. Ces agriculteurs utilisent également des pesticides, par exemple contre les champignons, produits autorisés avec les mêmes procédures d’homologation que les produits de synthèse, et des problèmes de toxicité qui ont, par exemple, conduit à limiter drastiquement les quantités de cuivre /ha.

Vous soulevez à juste titre les effets secondaires indésirables de ces molécules et de leurs métabolites, ainsi que leur dispersion dans le milieu.

Ces molécules qui ont accompagné le développement de l’agriculture des années 60 à nos jours ont contribué à une augmentation substantielle de la production, mais aussi à l’éradication de certains problèmes de santé humaine et animale (mycotoxines par exemple).

Et les agriculteurs s’adaptent sans cesse à des cahiers des charges qui vont vers la diminution, voire le non emploi de ces produits, adaptations nécessaires pour que certaines productions puissent continuer à être produites localement et leur assurer un revenu.

Le mode de production relève heureusement des décisions individuelles de chaque exploitant, la commune n’a aucun moyen de faire évoluer ces choix, tout au plus peut-elle, comme nous nous y sommes engagés, favoriser un circuit ultra court entre production bio communale et assiette de nos enfants, et être particulièrement vigilante sur la consommation de foncier agricole pour des logements, des zones d’activité ou des aménagements routiers.

Pour le reste, nos capacités d’intervention restent limitées à l’accompagnement de plantations de haies, d’encouragement à des modes de production alternatifs comme l’association de cultures et de panneaux photovoltaiques, d’incitation à la limitation de l’agriculture de conservation, synonyme aujourd’hui de recours quasi systématique au glyphosate.

Plutôt que prendre un arrêté stigmatisant et quelque part « facile », nous préférons construire avec les agriculteurs et avec vous des solutions qui, allant dans le même sens, réduirons petit à petit l’usage de tous les pesticides sur la commune.

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